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Rééducation Périnéale

Post-partum : reprise du sport et course à pied en toute sécurité

Geoffrey Bailly
10 février 2026
10 min de lecture

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Pourquoi ça arrive ? Comprendre les transformations post-partum

La grossesse et l'accouchement induisent des modifications physiologiques profondes affectant le système musculo-squelettique, particulièrement la région abdomino-pelvienne. Durant la grossesse, l'utérus en expansion exerce une pression descendante sur le plancher pelvien, ensemble de muscles et de fascias formant un "hamac" soutenant la vessie, l'utérus et le rectum. Cette pression chronique, combinée à l'imprégnation hormonale (relaxine, progestérone) qui assouplit les tissus conjonctifs, étire et affaiblit progressivement ces structures.

Le plancher pelvien comprend trois couches musculaires : le diaphragme pelvien profond (muscles élévateurs de l'anus, principaux soutiens des organes), le diaphragme uro-génital moyen, et les muscles superficiels du périnée. Lors de l'accouchement vaginal, ces muscles subissent un étirement extrême (jusqu'à 300% de leur longueur de repos) pour permettre le passage du bébé. Cet étirement peut causer des micro-déchirures musculaires, des lésions nerveuses (étirement ou compression du nerf pudendal), et dans les cas sévères, des déchirures périnéales de 3e ou 4e degré (atteignant le sphincter anal). Même après un accouchement par césarienne, le plancher pelvien a subi 9 mois de pression et présente des déficits fonctionnels.

La paroi abdominale subit également des transformations majeures. Les muscles grands droits de l'abdomen (six-pack) s'écartent progressivement pour accommoder l'utérus en expansion, créant un diastasis recti (séparation de la ligne blanche, tissu conjonctif médian). Un diastasis >2 cm de largeur, persistant au-delà de 8 semaines post-partum, est considéré pathologique et affecte 30-60% des femmes. Cette séparation altère la fonction du core : les muscles abdominaux ne peuvent plus générer une pression intra-abdominale efficace, compromettant la stabilité du tronc et augmentant la pression descendante sur le plancher pelvien lors d'efforts.

Le retour à la course à pied avant récupération complète de ces structures expose à des risques significatifs. Chaque impact au sol génère des forces de réaction verticales de 2 à 3 fois le poids du corps, transmises au plancher pelvien. Si celui-ci n'a pas retrouvé sa force et sa coordination, il ne peut absorber ces chocs répétés, conduisant à une descente progressive des organes pelviens (prolapsus) et à une incontinence urinaire d'effort (fuites lors de la course, du saut, de la toux). Des études longitudinales montrent que 30-40% des femmes reprenant la course avant 12 semaines post-partum développent des symptômes de dysfonction du plancher pelvien, contre 10-15% chez celles attendant 6 mois.


Ce que dit la science : les preuves récentes

Guidelines de retour à la course : consensus international

Une étude Delphi internationale publiée en 2024 dans le British Journal of Sports Medicine par Deering et collaborateurs a réuni 38 experts (kinésithérapeutes, médecins du sport, sages-femmes) pour établir un consensus sur le retour à la course post-partum. Après trois rondes de consultation, les experts s'accordent sur les points suivants :

  1. Timeline minimale : 12 semaines post-partum avant d'envisager la course, avec une recommandation optimale de 3-6 mois pour permettre une récupération complète.

  2. Critères de "run-readiness" (prêt à courir) : Absence de douleur pelvienne ou lombaire, absence de fuites urinaires lors d'activités quotidiennes, capacité à marcher 30 minutes sans fatigue, diastasis recti <2 cm, capacité à effectuer un single-leg squat avec contrôle, et force du plancher pelvien ≥3/5 sur l'échelle d'Oxford modifiée.

  3. Progression structurée : Programme de 8-12 semaines débutant par marche rapide, progressant vers course/marche alternée, puis course continue, avec augmentation graduelle du volume (règle des 10% par semaine).

  4. Éducation et autonomisation : Les femmes informées des guidelines de retour à la course prennent plus de temps avant de reprendre (médiane 5 mois vs 3 mois pour les non-informées) et présentent moins de symptômes de dysfonction du plancher pelvien à long terme.

Épidémiologie des dysfonctions du plancher pelvien

Une revue scoping de 2023 publiée dans le British Journal of Sports Medicine par Schulz et collaborateurs a analysé les guidelines existants pour le retour à l'activité physique post-partum. Les auteurs constatent une grande hétérogénéité des recommandations (de 6 semaines à 6 mois), mais soulignent que les guidelines les plus récents et basés sur les preuves convergent vers un minimum de 12 semaines pour les activités à impact élevé. La revue identifie également un manque criant de sensibilisation : seulement 20-30% des femmes reçoivent des informations sur le retour au sport de la part de leur professionnel de santé.

Une méta-analyse de 2025 publiée dans le British Journal of Sports Medicine par Beamish et collaborateurs a évalué l'impact de l'exercice post-partum sur les troubles du plancher pelvien et le diastasis recti. Les résultats montrent que les programmes d'exercices supervisés incluant renforcement du plancher pelvien et du core réduisent significativement l'incidence d'incontinence urinaire (RR 0,64, IC 95% : 0,48-0,86) et améliorent la fermeture du diastasis recti (différence moyenne -0,8 cm, IC 95% : -1,2 à -0,4 cm) comparativement aux soins habituels. Ces bénéfices sont maximaux lorsque les exercices débutent dans les 8 premières semaines post-partum.

Efficacité de la rééducation du plancher pelvien

Une revue systématique de 2014 publiée dans le British Journal of Sports Medicine par Mørkved et Bø a analysé l'effet de l'entraînement du plancher pelvien pendant la grossesse et après l'accouchement sur la prévention et le traitement de l'incontinence urinaire. Les auteurs concluent que les exercices du plancher pelvien réduisent de 50% le risque d'incontinence urinaire en fin de grossesse et de 30% le risque d'incontinence persistante à 6 mois post-partum. L'efficacité est maximale lorsque les exercices sont supervisés par un professionnel (kinésithérapeute spécialisé en périnéologie) et effectués avec une technique correcte (contraction isolée du plancher pelvien sans co-contraction excessive des abdominaux, fessiers ou adducteurs).

Diastasis recti : réhabilitation et retour au sport

Une étude de 2025 publiée dans le Journal of Sport Rehabilitation par Vita et collaborateurs a évalué un protocole de rééducation pour le retour au sport chez des femmes présentant un diastasis recti post-partum. Le protocole, d'une durée de 12 semaines, combinait exercices de respiration diaphragmatique, activation du transverse de l'abdomen, renforcement progressif du core, et exercices fonctionnels. Les résultats montrent une réduction significative de la largeur du diastasis (de 3,2 cm à 1,4 cm en moyenne) et une amélioration de la fonction abdominale mesurée par des tests de performance (plank hold, dead bug). 85% des participantes ont pu retourner à leur sport sans symptômes après le programme.


Auto-traitement safe : ce que vous pouvez faire seul

Phase 1 : Récupération immédiate (0-6 semaines post-partum)

Exercices du plancher pelvien (Kegels) : Débutez dès les premiers jours post-partum si absence de douleur.

  • Position : Couchée sur le dos, genoux fléchis, ou assise
  • Technique : Imaginez retenir un gaz et stopper le flux urinaire simultanément, en "remontant" le plancher pelvien vers l'intérieur. Évitez de contracter les fessiers, adducteurs ou abdominaux.
  • Protocole : 10 contractions de 3-5 secondes, relâchement complet entre chaque, 3 fois par jour
  • Progression : Augmentez graduellement la durée (jusqu'à 10 secondes) et ajoutez des contractions rapides (1 seconde)

Respiration diaphragmatique coordonnée :

  • Allongée, mains sur le ventre, inspirez en gonflant le ventre (descente du diaphragme)
  • Expirez en rentrant le ventre et en contractant le plancher pelvien simultanément
  • Cette coordination diaphragme-plancher pelvien est essentielle pour la gestion de la pression intra-abdominale
  • 5 minutes, 2 fois par jour

Marche progressive : Commencez par 10-15 minutes de marche lente dès autorisation médicale (généralement 1-2 semaines post-partum). Augmentez graduellement la durée selon tolérance. Objectif : 30 minutes de marche confortable à 6 semaines.

Phase 2 : Renforcement du core (6-12 semaines post-partum)

Activation du transverse de l'abdomen :

  • À quatre pattes, dos neutre (ni cambré ni arrondi)
  • Expirez en rentrant le nombril vers la colonne vertébrale sans bouger le dos
  • Maintenez 5-10 secondes en respirant normalement
  • 3 séries de 10 répétitions, quotidien

Dead bug (insecte mort) :

  • Allongée sur le dos, genoux à 90°, bras tendus vers le plafond
  • Expirez en descendant lentement un bras et la jambe opposée vers le sol
  • Maintenez le bas du dos plaqué au sol (activation transverse)
  • Revenez, alternez les côtés
  • 3 séries de 8 répétitions par côté, 3 fois par semaine

Pont (glute bridge) :

  • Allongée, genoux fléchis, pieds à plat
  • Expirez en soulevant le bassin, serrez les fessiers
  • Contractez le plancher pelvien en haut du mouvement
  • Descendez en contrôle
  • 3 séries de 12 répétitions, 3 fois par semaine

Squat :

  • Debout, pieds largeur d'épaules
  • Inspirez en descendant (comme pour s'asseoir), genoux alignés avec les orteils
  • Expirez en remontant, contractez le plancher pelvien
  • 3 séries de 10 répétitions, 3 fois par semaine

Évaluation du diastasis : À 8 semaines post-partum, testez votre diastasis :

  • Allongée sur le dos, genoux fléchis
  • Soulevez légèrement la tête et les épaules (crunch partiel)
  • Palpez la ligne médiane au-dessus, au niveau et en dessous du nombril
  • Mesurez la largeur de la séparation avec vos doigts (largeur d'un doigt ≈ 1 cm)
  • Si >2 cm ou si vous sentez une "coupole" qui se soulève, consultez un kinésithérapeute spécialisé

Phase 3 : Préparation au retour à la course (12-16 semaines post-partum)

Tests de "run-readiness" : Avant de débuter la course, vous devez pouvoir effectuer sans douleur, fuite urinaire, ou sensation de pesanteur pelvienne :

  • Marche rapide 30 minutes
  • 20 single-leg squats par jambe avec contrôle
  • 10 single-leg calf raises par jambe
  • 10 step-ups sur marche de 20 cm par jambe
  • 10 single-leg hops sur place par jambe
  • 1 minute de running on the spot (course sur place)
  • 10 forward bounds (sauts en avant)

Si vous échouez un de ces tests, poursuivez le renforcement 2-4 semaines supplémentaires avant de retester.

Programme de retour à la course (8-12 semaines) :

Semaines 1-2 : Course/marche alternée

  • 1 min course / 2 min marche, répété 10 fois (30 min total)
  • 3 séances par semaine, jours non consécutifs

Semaines 3-4 : Augmentation du ratio course/marche

  • 2 min course / 1 min marche, répété 10 fois (30 min total)

Semaines 5-6 : Transition vers course continue

  • 5 min course / 1 min marche, répété 5 fois (30 min total)

Semaines 7-8 : Course continue courte

  • 20 min course continue, 3 fois par semaine

Semaines 9-12 : Augmentation progressive du volume

  • Augmentez la durée de 10% par semaine (22 min → 24 min → 26 min → 29 min)
  • Maintenez 3 séances par semaine

Règles de sécurité :

  • Arrêtez immédiatement si vous ressentez : fuites urinaires, sensation de pesanteur pelvienne, douleur pelvienne ou lombaire
  • Portez un soutien-gorge de sport de haute qualité (essentiel pour le confort mammaire)
  • Hydratez-vous bien (allaitement augmente les besoins hydriques)
  • Continuez les exercices du plancher pelvien 3 fois par semaine à vie

Au cabinet : notre approche chez Physiofit974

Lorsqu'une femme en post-partum consulte pour préparer son retour au sport, notre prise en charge suit un protocole structuré.

Bilan post-partum complet (recommandé à 6-8 semaines post-partum) : Nous évaluons votre historique obstétrical (type d'accouchement, complications, poids du bébé, déchirures périnéales), vos symptômes actuels (fuites urinaires, pesanteur pelvienne, douleurs), et vos objectifs sportifs. L'examen clinique comprend une évaluation visuelle et palpatoire du diastasis recti (largeur, profondeur, tension de la ligne blanche), un testing de la force du plancher pelvien (examen vaginal avec échelle d'Oxford modifiée 0-5), une évaluation de la coordination respiration-plancher pelvien, et des tests fonctionnels (squat, lunge, single-leg stance).

Programme de rééducation périnéale et abdominale : Selon vos déficits identifiés, nous construisons un programme personnalisé. Pour un plancher pelvien faible (grade <3/5), nous débutons par des exercices de prise de conscience et d'activation en décharge (couchée, assise), puis progressons vers des positions fonctionnelles (debout, squat). Nous utilisons le biofeedback (sonde vaginale connectée) pour visualiser vos contractions et améliorer la technique. Pour un diastasis >2 cm, nous enseignons des stratégies de protection (éviter les crunchs traditionnels, privilégier les exercices anti-rotation) et des exercices de fermeture active (respiration, activation transverse, exercices fonctionnels progressifs).

Éducation sur la gestion de la pression intra-abdominale : Nous vous enseignons les principes de gestion de pression dans les activités quotidiennes : expirer lors des efforts (soulever le bébé, porter les courses), éviter la poussée excessive lors de la défécation (utilisation d'un marchepied), et adopter des stratégies de protection lors de la toux ou des éternuements (contraction préventive du plancher pelvien, flexion des hanches).

Progression vers les activités à impact : Une fois les critères de base satisfaits (force plancher pelvien ≥3/5, diastasis <2 cm, tests fonctionnels réussis), nous introduisons progressivement les activités à impact. Nous commençons par des exercices de pliométrie légère (petits sauts sur place, sauts latéraux), puis progressons vers des exercices plus intenses (box jumps, burpees modifiés). Nous évaluons votre réponse symptomatique après chaque séance : absence de fuites, de pesanteur, ou de douleur valide la progression.

Programme de retour à la course supervisé : Nous vous fournissons un plan de retour à la course structuré sur 8-12 semaines, avec des jalons d'évaluation toutes les 2-3 semaines. Nous ajustons le programme selon votre progression et vos symptômes. Nous vous enseignons également des stratégies de prévention : échauffement incluant activation du plancher pelvien, vidange vésicale pré-course, port d'un support pelvien (shorts de compression spécifiques) si nécessaire lors des premières semaines.

Spécificités du contexte réunionnais : À La Réunion, le climat chaud et humide impose des adaptations : hydratation accrue (allaitement + sudation), vêtements techniques respirants, et choix des horaires de course (tôt le matin ou en fin de journée). Nous intégrons également des conseils sur la gestion de l'entraînement avec un bébé : utilisation de poussettes de jogging (attendre 6 mois minimum pour le bébé), alternance avec le partenaire, ou intégration du bébé dans les exercices de renforcement (squats avec portage).


Quand consulter ? Les signaux d'alerte

Certains signes nécessitent une consultation rapide avec un kinésithérapeute spécialisé en périnéologie :

Fuites urinaires : Toute fuite urinaire lors de la toux, de l'éternuement, du rire, du saut, ou de la course n'est PAS normale et nécessite une rééducation. Ne normalisez pas ces symptômes sous prétexte que "c'est fréquent après un accouchement".

Sensation de pesanteur pelvienne : Une sensation de "boule" ou de "quelque chose qui descend" dans le vagin, particulièrement en fin de journée ou lors d'efforts, peut indiquer un prolapsus débutant. Consultez pour évaluation.

Douleurs pelviennes ou lombaires : Des douleurs persistantes au niveau du bassin, du pubis, du sacrum, ou du bas du dos au-delà de 8 semaines post-partum peuvent témoigner d'une instabilité pelvienne (dysfonction de la symphyse pubienne ou des articulations sacro-iliaques) nécessitant une prise en charge spécifique.

Diastasis recti >3 cm : Un diastasis très large (>3 cm) ou profond (sensation de "trou" lors de la contraction abdominale) nécessite une rééducation intensive et potentiellement, dans les cas sévères, une correction chirurgicale.

Incontinence fécale ou gaz : Toute difficulté à retenir les selles ou les gaz indique une atteinte du sphincter anal (déchirure de 3e ou 4e degré) nécessitant une évaluation médicale et une rééducation spécialisée.

Douleurs lors des rapports sexuels : Des douleurs persistantes lors de la pénétration (dyspareunie) peuvent résulter de cicatrices périnéales, d'hypertonicité du plancher pelvien, ou de sécheresse vaginale (allaitement). Une prise en charge combinant rééducation et conseils médicaux est efficace.


FAQ : vos questions fréquentes

Q : Puis-je commencer la course avant 12 semaines si je me sens bien ?
R : Techniquement oui, mais ce n'est pas recommandé. Se sentir "bien" ne signifie pas que les tissus sont complètement cicatrisés. Le plancher pelvien nécessite 12-16 semaines pour retrouver sa force et sa coordination. Commencer trop tôt augmente significativement le risque de développer une incontinence urinaire ou un prolapsus à long terme. Si vous êtes impatiente, concentrez-vous sur la marche rapide, le vélo, la natation, ou le renforcement pendant ces 12 semaines : vous préparerez votre corps pour un retour à la course plus sûr et durable.

Q : La césarienne dispense-t-elle de la rééducation périnéale ?
R : Non, absolument pas. Bien que le plancher pelvien n'ait pas subi l'étirement de l'accouchement vaginal, il a supporté 9 mois de pression et présente des déficits fonctionnels. De plus, la césarienne implique une incision des muscles abdominaux (grands droits ou transverse selon la technique), créant une faiblesse du core. La rééducation périnéale et abdominale est donc tout aussi importante après césarienne, avec une attention particulière à la cicatrice abdominale (mobilisation, désensibilisation).

Q : Combien de temps dois-je attendre avant de reprendre le CrossFit, le HIIT, ou les sports de raquette ?
R : Ces activités, impliquant des impacts répétés, des sauts, et des changements de direction rapides, imposent des contraintes encore plus importantes que la course sur le plancher pelvien. Attendez au minimum 4-6 mois post-partum et assurez-vous de satisfaire tous les critères de run-readiness PLUS des tests de pliométrie avancés (box jumps, burpees, double-unders sans symptômes). Une évaluation par un kinésithérapeute spécialisé est fortement recommandée avant de reprendre ces activités.

Q : Les exercices de Kegel suffisent-ils ou dois-je consulter un professionnel ?
R : Les exercices de Kegel auto-dirigés sont bénéfiques pour la prévention et les cas légers, mais 30-50% des femmes les effectuent incorrectement (poussée au lieu de contraction, co-contraction excessive, respiration bloquée). Une évaluation par un kinésithérapeute spécialisé en périnéologie permet de vérifier votre technique, d'identifier d'éventuels dysfonctionnements (hypertonicité, faiblesse sélective), et de personnaliser le programme. C'est particulièrement important si vous présentez des symptômes (fuites, pesanteur) ou si vous avez eu un accouchement compliqué.

Q : Puis-je allaiter et faire du sport intensément ?
R : Oui, l'allaitement et le sport sont compatibles. Cependant, quelques adaptations sont nécessaires : hydratation accrue (allaitement + sudation = besoins hydriques élevés), apport calorique suffisant (allaitement + sport = dépense énergétique importante), et timing des séances (allaiter ou tirer le lait avant le sport pour confort mammaire, le bébé peut refuser le sein immédiatement après un effort intense en raison de l'acide lactique dans le lait, attendre 30-60 minutes). Le sport n'affecte pas la qualité ni la quantité du lait maternel.

Q : Que faire si j'ai des fuites urinaires malgré la rééducation ?
R : Si après 3 mois de rééducation périnéale bien conduite (exercices supervisés, technique correcte, progression adaptée), vous présentez toujours des fuites urinaires, consultez un urogynécologue ou un médecin spécialisé en pelvi-périnéologie. Des options thérapeutiques complémentaires existent : pessaire (dispositif vaginal de soutien), injections péri-urétrales, neuromodulation, ou chirurgie (bandelette sous-urétrale) en dernier recours. Ne vous résignez pas : l'incontinence urinaire n'est jamais une fatalité et des solutions efficaces existent.


Bibliographie

  1. Deering RE, Donnelly GM, Brockwell E, et al. Clinical and exercise professional opinion on designing a postpartum return-to-running training programme: an international Delphi study and consensus statement. Br J Sports Med. 2024;58(4):183-191. https://doi.org/10.1136/bjsports-2023-107489

  2. Schulz JM, Marmura H, Hewitt CM, et al. Navigating the 'new normal': what guidelines exist for postpartum return to physical activity and sport? A scoping review. Br J Sports Med. 2023;57(24):1573-1582. https://doi.org/10.1136/bjsports-2023-106746

  3. Beamish MH, Davenport MH, Ali MU, et al. Impact of postpartum exercise on pelvic floor disorders and diastasis recti abdominis: a systematic review and meta-analysis. Br J Sports Med. 2025;59(8):562-570. https://doi.org/10.1136/bjsports-2024-108847

  4. Mørkved S, Bø K. Effect of pelvic floor muscle training during pregnancy and after childbirth on prevention and treatment of urinary incontinence: a systematic review. Br J Sports Med. 2014;48(4):299-310. https://doi.org/10.1136/bjsports-2012-091758

  5. Vita F, Donati D, Amouso V, et al. Return to Sport After Partum in Patients With Diastasis of the Rectus Abdominis Muscles: Ultrasound Evaluation and Rehabilitation Protocol. J Sport Rehabil. 2025;34(2):152-159. https://doi.org/10.1123/jsr.2024-0252

  6. Bouwer RT, Brandt C. Returning to Running Postpartum: A Scoping Review. J Womens Pelvic Health Phys Ther. 2025;49(3):145-156. https://doi.org/10.1097/JWH.0000000000000289

  7. Goom T, Donnelly G, Brockwell E. Returning to running postnatal – guidelines for medical, health and fitness professionals managing this population. 2019. https://absolute.physio/wp-content/uploads/2019/09/returning-to-running-postnatal-guidelines.pdf

À propos de l'auteur

Geoffrey Bailly est kinésithérapeute du sport diplômé, spécialisé en analyse de course et rééducation des pathologies du coureur. Traileur passionné, il accompagne les sportifs réunionnais dans leur préparation aux courses emblématiques de l'île (Grand Raid, Diagonale des Fous, Trail de Bourbon). Il exerce au cabinet Physiofit974 à Saint-Gilles-les-Bains.

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